• L'absence de données sur l'école est-elle synonyme de censure ?

    Black Out Rue de Grenelle

    La censure exercée par le cabinet de Luc Chatel sur les publications statistiques et les études ministérielles contredit le modèle de gouvernance de l'Ecole.

     

    "Comme tous les travaux ne collent pas au plan communication, les informations fournies au grand public sur l'école se réduisent comme peau de chagrin", écrit Maryline Baumard dans Le Monde du 12 décembre. Dans un article relevé, elle signale les données "peu fiables" lâchées par le ministère alors que nombre d'études restent bloquées. M. Baumard cite en exemple les Notes d'information du ministère : 61 sorties en 2001 contre 37 en 2008 et 19 cette année. Les 40 qui manquent, sans aucun doute, contrarient la politique ministérielle.

     

    Justement le Café s'était penché de son côté sur les rapports de l'Inspection générale (IGEN) : une vingtaine par an jusqu'en 2006 (23 en 2006, 19 en 2005), 16 en 2007, 4 en 2009, 3 en 2010 et 1 seul en 2011 (et encore nous avions pu en critiquer la méthodologie). Là encore tout donne à penser que les études non publiées, par exemple celle qui a été réalisée sur l'enseignement primaire, contrarient à un titre ou un autre les orientations décidées par le ministre.  

     

    Rappelons aussi qu'en septembre, le Haut Conseil de l'Education a dénoncé les évaluations "trompeuses" réalisées par le ministère. Evaluations critiquées à son tour par Nathalie Mons dans une tribune d'Educpro. "Les évaluations standardisées du primaire – dont il faut rappeler qu’elles n’ont pas été conçues initialement par la direction du ministère compétente dans ce domaine – sont entachées de multiples biais, qui handicapent en particulier leur comparabilité dans le temps", écrivait-elle. "Par exemple, il faut savoir que, pour l’évaluation de CE1, une partie significative des questions de 2011 était identique à celles de 2010. C’est comme si vous aviez deux années de suite le même sujet au bac."

     

    Une faiblesse pour qui ? Cette situation tout à fait nouvelle révèle la double faiblesse de la direction Chatel. La première c'est la minceur des arguments qui fondent sa politique. Le ministre ne peut pas s'appuyer sur grand chose pour la soutenir. Têtus, les faits viennent sans cesse la contrarier. Porteur du projet libéral de pilotage du système éducatif par les résultats, au terme d'un invraisemblable compromis étatique, il se retrouve dans un pilotage strictement administratif qui contredit le projet global de gouvernance. L'absence de données est-elle aussi une résistance administrative au projet libéral ?

    Article de M Baumard

    Article de N Mons

    Le HCE dénonce des évaluations trompeuses

    Source : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/12/13122011Accueil.aspx#faitdujour

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  • Commentaires

    2
    Mardi 13 Décembre 2011 à 19:23

    Sans être paranos, il y a vraiment du souci à se faire.

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    1
    Marie-Odile
    Mardi 13 Décembre 2011 à 19:15

    BRavo pour cet article et les docs ! oui mais tout de même on sait bien à quoi, à qui ça sert et pourquoi ils agissent ainsi non ?

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